L'enfant a chu sous les tambours
Couchés entre prés et labours
Et Drumm où la lune le guette
Serre le bois de sa baguette.
La nuit passait en gémissant,
Un profond fleuve accomplissant
Son cours tragique où bien des âmes
Avaient péri dessous les flammes.
Petit bonhomme au grand courage,
Il transmettait en fla, en ra
Ce que l'honneur en son aura
Dictait avec panache et rage
Et la bravoure était tambour
Que l'on suivait à la bataille
Pour une entaille et sa médaille.
La mort semblait un calembour.
Drumm tait sa peur car le silence
Succède aux éclairs et fracas.
L'angoisse apporte son tracas
Quand nul bruit survivant ne s'élance.
Après Austerlitz et Iéna,
Ignorant la Bérézina,
Borodino, massacre ultime
Fait de son sang, son sacre intime.
Moscou lointain, au fond des steppes,
S'entoure d'oublis et de crêpes
Mais le garçon de ses doigts gourds
Sur l'instrument frappe à coups sourds.
La dure peau vibre de sons
Léguant à la nuit, ses frissons
Que les grognards aiment entendre
Quand ils progressent sous la cendre.
Abandonnant souffrance et peine,
Tous les soldats dessous le ciel
S'acheminent vers cet appel,
Ce roulement hantant la plaine.
S'encourageant d'une accolade,
Les voltigeurs et les hussards
Dans la fumée et les brouillards,
Guident leurs pas sur la roulade.
La Grande Armée est rassemblée
Puis, dans les ombres du matin
Où le soleil court au destin,
Elle voit pour sa gloire comblée,
L'empereur prendre dans ses bras
Son frêle tambour d'apparats
Et le gosse expirant de lui dire :
"Sire, ais-je bien défendu ton empire
Serge LAURENT
Couchés entre prés et labours
Et Drumm où la lune le guette
Serre le bois de sa baguette.
La nuit passait en gémissant,
Un profond fleuve accomplissant
Son cours tragique où bien des âmes
Avaient péri dessous les flammes.
Petit bonhomme au grand courage,
Il transmettait en fla, en ra
Ce que l'honneur en son aura
Dictait avec panache et rage
Et la bravoure était tambour
Que l'on suivait à la bataille
Pour une entaille et sa médaille.
La mort semblait un calembour.
Drumm tait sa peur car le silence
Succède aux éclairs et fracas.
L'angoisse apporte son tracas
Quand nul bruit survivant ne s'élance.
Après Austerlitz et Iéna,
Ignorant la Bérézina,
Borodino, massacre ultime
Fait de son sang, son sacre intime.
Moscou lointain, au fond des steppes,
S'entoure d'oublis et de crêpes
Mais le garçon de ses doigts gourds
Sur l'instrument frappe à coups sourds.
La dure peau vibre de sons
Léguant à la nuit, ses frissons
Que les grognards aiment entendre
Quand ils progressent sous la cendre.
Abandonnant souffrance et peine,
Tous les soldats dessous le ciel
S'acheminent vers cet appel,
Ce roulement hantant la plaine.
S'encourageant d'une accolade,
Les voltigeurs et les hussards
Dans la fumée et les brouillards,
Guident leurs pas sur la roulade.
La Grande Armée est rassemblée
Puis, dans les ombres du matin
Où le soleil court au destin,
Elle voit pour sa gloire comblée,
L'empereur prendre dans ses bras
Son frêle tambour d'apparats
Et le gosse expirant de lui dire :
"Sire, ais-je bien défendu ton empire
Serge LAURENT