Reposez, braves gens ! Pour vous, la garde veille !
Sur le chemin du guet, allant de tour en tour,
L'allumeur de lanterne est déjà de retour
Pour mettre au réverbère une aube qui s'éveille.
Ecoutez, gentils gens, la nuit qui vous conseille !
Son ombre de velours comme un suave atour
D'une voile de nef, va gonfler le contour
Pour qu'une cargaison de rêves appareille.
Sommeillez, pauvres gens ! Dans la venelle obscure,
Dormir, c'est oublier la cruelle imposture
Qui jette l'être humain sur le froid des pavés.
Riches bourgeois, ronflez dans votre sinécure !
Mes doigts qui n'ont jamais connu la manucure
Ferment les yeux des morts aux iris délavés.
Serge LAURENT
Sur le chemin du guet, allant de tour en tour,
L'allumeur de lanterne est déjà de retour
Pour mettre au réverbère une aube qui s'éveille.
Ecoutez, gentils gens, la nuit qui vous conseille !
Son ombre de velours comme un suave atour
D'une voile de nef, va gonfler le contour
Pour qu'une cargaison de rêves appareille.
Sommeillez, pauvres gens ! Dans la venelle obscure,
Dormir, c'est oublier la cruelle imposture
Qui jette l'être humain sur le froid des pavés.
Riches bourgeois, ronflez dans votre sinécure !
Mes doigts qui n'ont jamais connu la manucure
Ferment les yeux des morts aux iris délavés.
Serge LAURENT