EMOI SUBTIL

Lorsqu'un émoi subtil s'embellit d'un « je t'aime »,
Berçant la chrysalide au c½ur d'adolescent,
Il offre à ressentir hors d'un monde innocent
Le doux premier baiser sans craindre l'anathème.

D'un aveu seul émane un songe évanescent
Lorsqu'un émoi subtil s'embellit d'un « je t'aime » ;
Le vernal bonheur sacre un amoureux baptême :
Le désir se prolonge au feu de l'indécent.

Ferment des temps heureux, fort d'exposer son thème,
Le couple s'harmonise à l'hymne qu'il pressent ;
Lorsqu'un émoi subtil s'embellit d'un « je t'aime »,
Ce fol instant recèle un destin flavescent.

Dans le soir de la vie, au jour du chrysanthème,
Sous le ciel d'où s'exhale un frisson de l'absent,
Une larme découvre un deuil convalescent
Lorsqu'un émoi subtil s'embellit d'un « je t'aime ».

Jean-Jacques CHIRON
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# Posté le jeudi 19 juin 2008 08:10

UNE FEMME

Elle rêve, lascive, ardente originale,
A cette phase ultime, intangible moment,
De sentir tout son corps frémir intensément,
Béni d'un flux d'amour, l'offrande séminale.

Au jardin de son c½ur, seul parfum qu'elle inhale,
Le bonheur désiré vit sous un ciel clément;
Ce fruit pur de sa chair annonce clairement
Son besoin d'assouvir une faim matinale.

- Tel un hymne subtil, l'appel du nourrisson
Dans l'âme maternelle inspire un doux frisson ! -
Elle ½uvre au divin philtre en la source ivoirine,

Par une longue étreinte où l'enfant se complaît
Le rassure, s'asseoit, tend son ample poitrine
Et donne à ce bel ange un sein gonflé de lait.

Jean-Jacques CHIRON
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# Posté le jeudi 19 juin 2008 08:09

CELTITUDE

D'un formidable amour, en fidèle Amadis,
Je retrouve ma lande, estampe mordorée.
Poursuivant son essor, l'émouvante borée
Berce l'estran fleuri de longs de profundis.

Reflet mémoriel des confins de jadis,
Mon c½ur s'ouvre aux échos d'une source ignorée ;
S'écoule ainsi l'espoir vers l'abyssale orée
D'où s'exhale discret le chant des âmes d'Ys.

Le jour se pâme empreint de rougeurs vespérales.
La brune altère aux cieux des voiles en spirales ;
La nimbe d'abondance y marche avec lenteur.

A l'horizon se forme un étrange distique :
Entre onde et terre vibre un songe salvateur,
Tel l'arpège exaltant d'une harpe celtique.

Jean-Jacques CHIRON
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# Posté le jeudi 19 juin 2008 08:08

Nocturne

Reposez, braves gens ! Pour vous, la garde veille !
Sur le chemin du guet, allant de tour en tour,
L'allumeur de lanterne est déjà de retour
Pour mettre au réverbère une aube qui s'éveille.

Ecoutez, gentils gens, la nuit qui vous conseille !
Son ombre de velours comme un suave atour
D'une voile de nef, va gonfler le contour
Pour qu'une cargaison de rêves appareille.

Sommeillez, pauvres gens ! Dans la venelle obscure,
Dormir, c'est oublier la cruelle imposture
Qui jette l'être humain sur le froid des pavés.

Riches bourgeois, ronflez dans votre sinécure !
Mes doigts qui n'ont jamais connu la manucure
Ferment les yeux des morts aux iris délavés.

Serge LAURENT
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# Posté le lundi 16 juin 2008 07:43

La paralytique

Qu'as-tu donc fait de moi, cruelle destinée
Car je suis toujours belle et capte le regard
Quand, maudite sois-tu, m'affectant sans égard,
Tu rends plus lourd encor, le poids de chaque année.

Tu es la maladie à l'arme amidonnée
Qui vous atteint, traîtresse et vous met au placard,
Qui vous guette dans l'ombre et vous frappe au hasard,
Jouant sa comédie à l'âme abandonnée.

J'aimerais me livrer, à tout ce que la vie
Au banquet du bonheur, nous invite et convie.
Hélas ! Tout mon espoir s'amenuise et s'éteint.

Je voudrais délivrer de sa paralysie,
Ce corps qui m'appartient mais qui d'oubli se teint
Comme une sensation atteinte d'amnésie.

Serge LAURENT
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# Posté le lundi 16 juin 2008 07:41